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Mises en scènes photographiques

Estelle Lagarde est née en 1973. Elle vit et travaille à Paris.
Diplômée d’architecture en 2000, à Paris, elle pratique la photographie en autodidacte depuis 1996.
Dans ses mises en scènes théâtralisées dans des espaces délabrés, traversés de présences à la fois humaines et fantomatiques, Estelle Lagarde crée une atmosphère onirique et inquiétante dont la seule issue positive est la lumière. Une lumière diffuse et diaphane, un clair obscur qui laisse envisager une porte de sortie vers l’avenir.
Estelle Lagarde joue avec le temps et la lumière. Basée sur une durée de pause plus ou moins longue, la technique de l’artiste génère des lumières irréelles, enveloppe les personnages d’un halo mystérieux et fragile. Le souffle délicat de la vie y apparaît comme le bien le plus précieux mais également le plus éphémère.
Ses séries photographiques questionnent tous les liens qui nous unissent à notre environnement, là où nous construisons notre histoire.
C’est à l’ensemble de ces réflexions que nous engagent les images d’Estelle Lagarde.
Mais dans cet inquiétant théâtre de faux-semblant, c’est peut-être cette douce lumière distillée sur ces mises en scène qui y révélera l’espoir et la volonté d’une renaissance.

Réalisée en 2008, « Hôpital » est la série la plus récente et la plus inquiétante. Ces quinze véritables tableaux photographiques nous invitent à la rencontre de bien curieux protagonistes, revêtant tous les attributs des personnels hospitaliers ou de leurs patients.
À son habitude, Estelle Lagarde brouille les cartes et annihile les repères. C’est une sourde angoisse qui traverse chaque mise en scène photographique.
La série photographique intitulée « Contes sauvages » a été réalisée en 2007. Comme dans tous les travaux présentés dans le cadre de cette double exposition, Estelle Lagarde nous confronte à un environnement où rien ne semble tout à fait fini, ni complètement déterminé. C’est au milieu de grands appartements en ruines, que l’on imagine faire partie d’anciens châteaux ou manoirs, que de mystérieux personnages se livrent à de théâtrales mises en scène. Où sommes-nous ? Qui sont-ils ? À quelle époque appartiennent ces êtres fantomatiques ?

Dans la série qu’elle réalise en 2006, c’est le même questionnement obsessionnel qui pousse l’artiste à enfermer cette "Dame Des Songes" dans un univers laissé à l’abandon, vestige d’un temps faste et glorieux.
Entre surréalisme et théâtralité, l’artiste interroge l’espace, l’occupant, et la relation qui les unit. Décors visibles sur les images d’Estelle Lagarde, les gravats et la décrépitude représentent le chaos et le délabrement de notre univers que nous ne savons ou ne voulons pas voir.
C’est à la comédie de la vie que nous convie la "Dame Des Songes".

"La Traversée imprévue. adénocarcinome" est la série la plus récente exposée par Estelle Lagarde. Ce travail fait l’objet d’un livre paru aux Editions La Cause des Livres.
Atteinte par un cancer du sein, Estelle Lagarde en a été à la fois témoin et accompagnatrice. Passé la violence du diagnostic, et malgré les peurs et les angoisses qui surgissent inévitablement dans ce genre d’épreuve, elle décide de faire de ce combat contre la maladie une expérience humaine et artistique. Tout au long de son traitement, elle tient un double journal : littéraire et photographique. Les mots d’Estelle écrits au jour le jour sont simples et vont à l’essentiel de ses émotions, de ses réflexions, à l’écoute de son corps.
Les autoportraits réalisés tout au long de ces dix mois sont autant un exutoire qu’une analyse vitale d’elle-même. à l’instar de ses précédentes séries photographiques, Estelle Lagarde utilise la mise en scène pour sonder ses propres émotions, dompter ses peurs et tenter de répondre à ses questionnements par l’expression artistique. Ce ne sont plus des lieux qu’elle visite par cet artifice, mais sa propre existence et sa condition de femme.
Conscientes ou non, les références à l’histoire de la photographie ne manquent pas. On songe parfois, plastiquement à Claude Cahun, sensitivement à Francesca Woodman.
Il constitue une plongée inédite, entre art et introspection, au coeur de la lutte quotidienne que livre une femme à la maladie, le cancer du sein. Au bout du chemin la guérison et l’affirmation vitale de son identité féminine. Artiste et profondément humaine.

www.estellelagarde.com